lundi 21 janvier 2019

Banques : le défi des ressources humaines

Banques : le défi des ressources humaines - Dessin Fabien Clairefond pour « Les Echos »

EDITO. Lentement mais sûrement, les effectifs du secteur sont en train de s'éroder en France. Ce n'est pas pour autant une fatalité.

La banque sera-t-elle la sidérurgie du XXIe siècle ? La question est souvent posée aux spécialistes du secteur, qui voient lentement mais sûrement les effectifs s'éroder en France. 378.000 employés en 2007, 366.000 actuellement selon les comptages de la fédération bancaire française. Le déclin est régulier. Et il y a peu de chances que les effectifs repartent à la hausse. La crise financière a laissé des traces, la digitalisation et la robotisation n'ont pas fini d'imprimer les leurs.

Les représentants des salariés ont quelques raisons d'être inquiets. Dans vingt ans, beaucoup de fonctions auront disparu. Il y aura sans doute moins de guichets, d'agents d'accueil, d'employés de back-office ou de changeurs. Des traders, des téléconseillers ou des gestionnaires de fonds auront été remplacés par des intelligences artificielles.

Les banques restent de gros recruteurs, qui embauchent plus qu'ailleurs en CDI. Mais l'âge d'or des grands réseaux est révolu, et les défis qui s'annoncent sont immenses. Les transformations fondamentales sont de plus en plus rapides, au rythme d'un an ou deux, et non plus d'une décennie comme par le passé.

Capital humain

Tous les établissements n'en ont pas forcément pris la mesure. Et en face, de nouveaux acteurs - fintech, géants du numérique, grandes enseignes de la distribution - sont en train de créer de nouvelles habitudes et de nouveaux usages.

Ce n'est pas pour autant une fatalité. De nouveaux métiers émergent dans la gestion des datas, le contrôle des risques ou le développement de blockchain, pour ne citer qu'eux. Le champ d'intervention des banques pourrait aussi s'étendre à l'immobilier, le stockage de documents, les télécommunications et pourquoi pas la santé.

Cette accélération requiert des organisations plus agiles et des plans de formations massifs. Car adapter les compétences coûte souvent moins cher que d'en recruter de nouvelles. Les banques ont besoin de ressources financières pour faire face aux risques économiques qui émergent. Elles auront surtout besoin de ressources humaines pour traverser ces mutations.

GUILLAUME MAUJEAN / Rédacteur en chef "Finance et Marchés"   -  lesechos.fr/ 
Le 21/01 à 18:32


mercredi 16 janvier 2019

Toujours pas de chômage pour les démissionnaires

Les salariés qui démissionnent pourront percevoir une allocation chômage, mais pas avant juillet 2019. 
JOEL SAGET/AFP
La loi Avenir prévoyait l'entrée en vigueur de la mesure au 1er janvier 2019, mais les précisions se font attendre.
C'était l'une des grandes promesses de campagne d'Emmanuel Macron : donner accès aux allocations chômage aux salariés qui démissionnent. Traduite dans la loi Avenir professionnel du 5 septembre dernier, elle devait être effective à compter du 1er janvier. Ce n'est pas le cas. Seuls les départs pour motifs dits légitimes, comme le fait de suivre son conjoint à l'étranger ou en cas de non paiement des salaires par l'employeur, donnent lieu à une indemnisation. Comme avant.  
La majeure partie des salariés qui quittent volontairement leur travail ne peuvent bénéficier d'indemnités chômage pour le moment. Les décrets d'application n'ont toujours pas été publiés au journal officiel.  
Les décrets se font attendre
"Nous ne les publierons pas avant que les partenaires sociaux aient conclu la négociation en cours sur la réforme de l'assurance chômage", se justifie-t-on au ministère du Travail. Dans le document de cadrage transmis fin septembre au patronat et aux syndicats, le Premier ministre leur demande en effet de "préciser les conditions d'éligibilité" à ce nouveau droit dans la convention d'assurance chômage. 
Ces conditions seront discutées lors de la réunion du 15 janvier. "Il est assez logique que les modalités précises figurent dans la convention, car l'arrivée de nouveaux demandeurs d'emploi dans le régime sera financée par l'Unédic, estime Michel Beaugas, négociateur FO. À nous de préciser où se situent certains curseurs, même si les choses ne devraient pas beaucoup bouger par rapport à ce qui s'est dit ces derniers mois."  
Le gouvernement a d'ores et déjà fixé des barrières d'entrée, afin de limiter le nombre de ceux qui pourront prétendre à une allocation. Une ancienneté interrompue dans l'entreprise sera nécessaire, ainsi que la présentation d'un projet de reconversion ou de création d'entreprise solide. Chaque dossier sera examiné par une instance paritaire, qui jugera de sa dimension "réelle et sérieuse". La lettre de cadrage du gouvernement mentionne une ancienneté minimale de cinq ans. "C'est ce que dit le gouvernement, mais on peut convenir d'un délai différent", prévient Michel Beaugas.  
Les indépendants n'ont pas encore droit au chômage
Les partenaires sociaux vont également s'accorder sur une autre promesse d'Emmanuel Macron : les conditions d'octroi de l'allocation-chômage aux travailleurs indépendants. La loi Avenir prévoit une indemnisation forfaitaire de 800 euros par mois maximum pour les créateurs d'entreprise ayant connu un échec. Cette allocation ne serait versée que pendant six mois. 
Les partenaires sociaux pourront moduler ces conditions à la marge s'ils le souhaitent. Pour éviter tout appel d'air, la mesure se veut très restrictive : il faudra avoir subi une liquidation ou un redressement judiciaire pour y prétendre. Les partenaires sociaux ne devraient pas se montrer plus généreux, le cadre budgétaire étant très contraint. Ils doivent réaliser entre 3 et 3,9 milliards d'économie pour le régime sur les trois années à venir.

vendredi 11 janvier 2019

Caen. Mouvement social chez Natixis

Une partie des salariés du site Natixis de Caen était en grève vendredi. | DR.
Le transfert d’une partie des activités de Natixis suscite des inquiétudes auprès de certains salariés. Vendredi 11 janvier 2019, ils étaient en grève, à Caen.

La banque de financement Natixis intervient dans de nombreux domaines : l'épargne salariale, mais aussi l'affacturage, le traitement de cautions, de garanties, de crédit-bail, de crédit à la consommation, la gestion de titres. 

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www.ouest-france.fr/ - Jean-Philippe Gautier - Publié le 11/01/2019 à 18 h 44.