jeudi 14 juin 2018

Les salariés des banques jugent que leurs conditions de travail se dégradent

(Pour rappel, Article de 2017)

Les «contraintes techniques», liées notamment à l'informatique pèsent de plus en plus
sur l'activité de la majorité (60%) des salariés. 92379769/Kaspars Grinvalds - Fotolia
Les trois-quart pointent un alourdissement de leur charge de travail. Et ils sont de plus en plus nombreux à se dire inquiets pour leur emploi, selon une étude.
 
Alourdissement de la charge de travail, manque accru de temps et de moyens, inquiétude sur l'emploi...Pour les salariés des banques, leurs conditions de travail continuent de se dégrader, souligne une étude réalisée par un collectif universitaire sur les risques psychosociaux, le stress et la souffrance au travail(*) pour le Syndicat national des banques SNB/CFE-CGC . «Après une légère amélioration en 2014, la situation revient donc à son niveau de 2011, période d'après «crise financière» au cours de laquelle la pression importante avait et exercée sur les salariés pour rétablir plus vite les résultats des entreprises touchées par la crise», note Régis Dos Santos, président national du SNB/CFE-CGC.
 
«La responsabilité augmente, mais pas les possibilités de gérer» Xénophon Vaxevanoglou, ergonome et psychologue du travail qui a piloté l'enquête.
 
Dans les réseaux, c'est «la problématique» de la charge de travail, en hausse constante qui est le plus souvent dénoncée par les salariés. Trois-quart des sondés (76%) estiment ainsi «qu'on leur demande une quantité excessive de travail». Ils étaient 73,6% en 2011, mais 76,8% en 2011, année de la première étude sur le sujet. Et plus des deux-tiers affirment ne pas avoir le «temps nécessaire» pour faire leur travail «correctement» (69% contre 63,6%).
 
Ces surcharges de travail ont à présent sur la vie des banquiers. Près de la moitié d'entre eux (49%) estime ainsi avoir des difficultés pour concilier vie professionnelle et vie personnelle. Autre problème, à l'heure où les banques accélèrent leur digitalisation, les «contraintes techniques», liées notamment à l'informatique pèsent de plus en plus sur l'activité de la majorité (60%) des salariés.
 
Même si l'autonomie en matière de prise de décision a légèrement augmenté, selon le ressenti exprimé, elle ne s'accompagne pas des moyens humains et techniques adéquats. Pour un chef d'agence par exemple, qui n'a pas la maîtrise de ses effectifs, «la responsabilité augmente, mais pas les possibilités de gérer», décrypte l'ergonome et psychologue du travail, Xénophon Vaxevanoglou, qui a piloté l'enquête.
 
«Il y a un sentiment d'insécurité qui émerge tout d'un coup de manière explosive alors qu'on était dans un secteur protégé» Xénophon Vaxevanoglou.
 
Plus inquiétant, l'enquête démontre une crainte grandissante pour l'emploi. Ainsi, 37% des répondants pensent que leur «sécurité d'emploi est menacée», un chiffre en hausse de 8 points (28,9%) par rapport à 2014 et de 14 points (23,1%) par rapport à 2011.
 
Il y a un «sentiment d'insécurité qui émerge tout d'un coup de manière explosive», alors «qu'on était dans un secteur protégé» jusqu'à présent, pointe Xénophon Vaxevanoglou.
Les effectifs diminuent de manière constante, sans plan massif de licenciements mais avec des «micro-réorganisations» perpétuelles, appuie le chercheur qui évoque un métier en pleine transformation.
 
«Les salariés qui sont en première ligne se disent où on va? C'est «une peur très rationnelle», surtout pour les conseillers clientèle qui voient leur métier menacé par les développements informatiques, avance Régis Dos Santos.
 
Solidarité professionnelle
 
Malgré tous ces points noirs, le personnel des banques peut compter sur des «collectifs de travail forts», ce qui atténue son mal-être, relève Xénophon Vaxevanoglou. Il y a «une solidité des collectifs de travail qui font tampon dans l'équation qui conduit des risques psychosociaux aux problèmes de santé», affirme-t-il. «Vous enlevez ça, on a une nouvelle épidémie», prévient-il néanmoins.

(*) Après 2011 et 2014, la troisième enquête nationale sur «les risques psychosociaux, le stress et la souffrance au travail» a été menée par un collectif universitaire à partir d'un questionnaire rempli anonymement par plus de 6700 personnes travaillant dans les banques, sociétés financières et du crédit (hors Crédit agricole et Caisses d'Épargne).


Par    -  Publié www.lefigaro.fr

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