mardi 17 avril 2018

Le rythme des fermetures d'agences bancaires doit quadrupler en France

Entre 2012 et 2016, c'est BNP Paribas qui a fermé le plus de points de vente en France, devant Société Générale, puis LCL. - David Vincent/NBC/AP/SIPA
La digitalisation du secteur va aller de pair avec une accélération des fermetures d'agences en France. Sia Partners estime que 12,6 % des points de vente doivent baisser leur rideau d'ici à 2020.
 
Si les banques françaises ont commencé ces dernières années à fermer, voir regrouper, certaines de leurs agences,  le phénomène n'en est qu'à ses débuts . C'est la conclusion d'une projection réalisée par le cabinet Sia Partners qui, après avoir passé au crible les stratégies des établissements en Europe, table sur la fermeture de 12,6 % des points de vente des banques françaises d'ici à fin 2020, soit une multiplication par quatre du rythme de fermetures d'agences observé en France entre 2012 et 2016.
 
« On constate que les fermetures d'agences ont été beaucoup plus modestes en France que dans d'autres pays européens ces dernières années alors que la fréquentation a décliné partout, nous attendons donc un phénomène de rattrapage en France », explique Damien Schmitt, senior manager chez Sia Partners.
 
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La souscription digitale va changer la donne
 
De fait, entre 2012 et 2016, les banques françaises ont fermé 3 % de leurs agences contre 24 % pour les acteurs espagnols, 12 % pour les banques allemandes et 11 % pour les Italiens. Ces différences tiennent beaucoup aux spécificités de chaque pays : l'Espagne a été touchée plus fortement par la crise et la densité de points de vente des banques espagnoles est l'une des plus importantes en Europe.
 
 Dans deux ou trois ans, lorsque les banques auront terminé la digitalisation de leur parcours clients, les volumes de souscription en agence vont radicalement baisser
 
La France, par ailleurs, affiche une grande dispersion de la création de richesse sur le territoire. De quoi convaincre les banquiers de laisser des points de vente disséminés un peu partout dans l'hexagone. Mais la digitalisation devrait rapidement changer la donne : « aujourd'hui 80 % à 90 % de la souscription de produits bancaire sont réalisés dans les agences. Dans deux ou trois ans, lorsque les banques auront terminé la digitalisation de leur parcours clients, les volumes de souscription en agence vont radicalement baisser », pointe Damien Schmitt. Pour mémoire, BNP Paribas s'est fixé pour objectif de réaliser 50 % de ses souscriptions de produit de façon digitale d'ici à 2020.
 
Des similitudes avec l'Allemagne
 
Pour s'adapter, les banques françaises vont logiquement accélérer la cadence des fermetures. Société Générale a déjà commencé : en novembre dernier, elle avait annoncé  une centaine de fermetures supplémentaires par rapport à ses prévisions, d'ici 2020 . « Il devrait y avoir beaucoup de similitudes avec l'exemple allemand puisque la création de richesse est aussi dispersée dans beaucoup de petites villes », estime Damien Schmitt. Outre-Rhin, à la faveur des restructurations déjà menées, la densité d'agence bancaire par millions habitants est tombée à 387, contre 549 en France, selon Sia Partners.
Les agences d'Ile-de-France parmi les plus exposées
 
Pour continuer de réduire la voilure sans perdre de terrain face à la concurrence, les banques devraient renforcer la spécialisation de leurs agences sur des produits, des clientèles spécifiques, voire sur des horaires restreints, « dans certaines zones géographiques cela permet de garantir une présence commerciale puisque la proximité reste le premier vecteur d'acquisition de clients », indique Damien Schmitt.
 
Les établissements qui concentrent une forte présence en Ile-de-France - entre autres  BNP Paribas , Société Générale et LCL - risquent d'être les plus touchés : « cette région est beaucoup plus exposée aux nouveaux acteurs et aux usages digitaux », rappelle Damien Schmitt. De fait, entre 2012 et 2016, c'est BNP Paribas qui a fermé, proportionnellement, le plus de points de vente en France, devant Société Générale, puis LCL.
 
Sharon Wajsbrot Le 15/04 à 11:00 - www.lesechos.fr

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