jeudi 23 novembre 2017

Harcèlement au travail: les syndicats interpellent Philippe sur la question des femmes

Thomas Hawk - Flickr - CC
Les numéros uns syndicaux interpellent Édouard Philippe via un courrier ce jeudi. Ils lui reprochent le refus du gouvernement d'avoir une approche spécifique aux femmes dans le cadre de discussions sur une future norme internationale sur "les violences dans le monde du travail".

Les numéros uns des syndicats CGT, CFDT, FO et CFTC interpellent Édouard Philippe sur le refus de la France d'avoir une approche spécifique aux femmes dans la future norme de l'Organisation internationale du travail (OIT) sur les violences au travail. Une lettre adressée au Premier ministre est signée par Philippe Martinez (CGT), Laurent Berger (CFDT), Jean-Claude Mailly (FO) et Philippe Louis (CFTC).
Dans le projet de réponse au questionnaire, la Délégation aux affaires européennes et internationales (DAEI) souligne "le caractère inopportun de mettre en exergue certains types de discriminations par rapport à d'autres". Il rappelle que "le code pénal français s'articule autour d'un principe d'équivalence des discriminations" (origine, sexe, situation de famille, grossesse, apparence physique, situation économique...).
 
"Seul le principe du droit de toute personne d'évoluer dans un monde du travail exempt de violence et de harcèlement devrait donc être rappelé dans le préambule", argumente la DAEI, un service transversal, sous l'égide de plusieurs ministères (Affaires sociales, Santé, Droits des Femmes, Travail). "Nous sommes en désaccord sur ce point. Les violences et le harcèlement touchent spécifiquement les femmes", écrivent messieurs Martinez, Berger, Mailly et Louis.
 
"Incompréhensible"
 
Les chiffres en attestent, ajoutent-ils: "20% des femmes disent avoir été victimes de harcèlement sexuel au travail, près de 10 viols ou tentatives de viols sont commis chaque jour sur un lieu de travail en France". "Refuser de traiter la question des violences fondées sur le genre dans la norme OIT conduirait à empêcher que des politiques de prévention et de sanction appropriées soient mises en place", préviennent-ils, à quelques jours de la Journée internationale pour l'élimination des violences contre les femmes.
 
Ce "recul" serait "bien incompréhensible à l'heure où le président de la République a chargé votre gouvernement de faire de l'égalité entre les femmes et les hommes une grande cause nationale et annoncé une nouvelle loi sur les violences sexuelles", ajoutent-ils. Le courrier est également adressé à la ministre du Travail Muriel Pénicaud et à la secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa.

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