mardi 26 septembre 2017

Droit à la déconnexion : un tiers des actifs restent connectés pendant leurs congés

Deux actifs français sur trois déclarent ne pas se connecter à leur travail pendant leurs vacances estivales - Shutterstock
Cette proportion est plus importante chez les cadres et les moins de 30 ans, selon une étude du cabinet Eléas. 
 
L'entrée en vigueur de la loi instaurant le droit à la déconnexion  a été votée il y a huit mois. Pourtant, cette pratique n'a pas encore été totalement adoptée par les Français.

D'après une enquête du cabinet Eléas , spécialisé dans la prévention des risques psychosociaux, environ un tiers des actifs restent connectés à leurs smartphones ou tablettes durant leurs congés d'été. A l'inverse, plus d'un quart refusent de s'y connecter par principe.
 
Sentiment de culpabilité
 
En revanche, cette déconnexion estivale entraîne « un sentiment de culpabilité pour 27% des actifs en emploi », révèle l'enquête. 
 
Si ce taux reste « contenu », il est cependant bien plus prononcé chez les cadres (42,7%) et les actifs les plus jeunes (32,6% des 18-29 ans et 38,1% des 30-39 ans), précise le document. Plusieurs raisons à cela, selon les auteurs de l'enquête : « le poids des responsabilités » pour les premiers, « les enjeux de carrière » pour les seconds. 
 
Toutes tranches d'âge confondues, les « obligations professionnelles » (31,1%) et « l'anticipation d'une charge de travail importante au retour des vacances » (26,1%) sont les deux principales raisons évoquées pour rester connecté. 
 
Elles sont plus fréquemment observées chez les cadres que chez les employés et les professions intermédiaires, où « la connexion rime plus souvent avec des valeurs plus positives comme l'envie, la curiosité ou la solidarité », expliquent les auteurs de l'enquête.
 
Acceptation plus ou moins forte par l'entourage
 
Parallèlement, la connexion au travail pendant les vacances semble en voie de « normalisation » et d'« acceptation » par l'entourage des personnes concernées. La moitié des actifs occupés qui se sont connectés assurent n'avoir pas connu de « tensions » avec leur entourage lors de leurs connexions. A contrario, 28,7% ont essuyé des remarques. 
 
Les tensions sont plus fréquentes chez les employés (36,3%), chez les ménages avec trois enfants et plus, et chez les moins de 30 ans. 
 
Dans le premier cas, « on peut supposer que le statut rend illégitime un engagement trop fort dans le travail », symbolisé par le fait de se connecter au travail pendant les congés.
 
Dans le deuxième, « le poids des contraintes » familiales prime certainement le temps libéré pour travailler. Quant au troisième cas, « la mise à distance du monde de l'entreprise dont témoignent les jeunes générations peut rendre incompréhensible pour l'entourage l'engagement trop fort de ceux qui ne déconnectent pas du travail pendant leurs vacances », estime l'étude.
 
Source AFP - Les Echos

Aucun commentaire :

Enregistrer un commentaire