jeudi 2 mars 2017

Procès Pérol : le patron de BPCE minimise son rôle

Le procès en appel du patron de la BPCE a débuté mercredi. La magistrate dit ne pas avoir eu assez de temps pour étudier le dossier.
 
Le procès en appel de François Pérol, l'ex-conseiller économique de Nicolas Sarkozy, s'est ouvert doucement. « La cour prendra le temps qu'il faudra », a prévenu mercredi Anne-Marie Bellot, qui préside l'audience. La magistrate semble agacée d'avoir dû remplacer au pied levé une de ses collègues et de « n'avoir eu qu'une semaine pour étudier le dossier ». « J'y ai passé moins de temps que vous tous », reconnaît-elle en se tournant vers les parties.
 
Ainsi donc la magistrate n'aurait eu qu'une semaine pour étudier les plus de 160 pages du jugement de première instance qui avait relaxé l'actuel patron de la BPCE et survoler les centaines de pages, les pièces, les lettres, les mails du dossier. Est-ce pour autant un avantage pour François Pérol ? Rien n'est moins sûr.
 
D'abord parce que la présidente de l'audience, fine mouche, par petites touches laisse comprendre qu'à défaut d'avoir étudié le dossier en profondeur elle connaît la nature humaine. Comme lorsqu'elle demande au haut fonctionnaire s'il n'aurait pas préféré « être un décideur plutôt qu'un exécutant ». Ensuite parce que les parties civiles, représentant des syndicats de la banque, en profitent pour pousser leur avantage et insistent sur le rôle du haut fonctionnaire, directeur adjoint de cabinet de Francis Mer, lors de la cession d'Ixis à la Caisse d'Epargne en 2002.
 
L'ancien secrétaire général adjoint de l'Elysée, assis sur une chaise face à la cour, prend des notes d'une petite écriture fine. La voix est douce, atone. Mais de temps en temps, le regard laisse percer l'agacement devant les questions qui reviennent insistantes sur son rôle de conseiller, tout d'abord au cabinet de Francis Mer, puis comme associé gérant de la banque Rothschild. « Ainsi donc, vous diriez que vous étiez un spécialiste des Meccano financiers et des restructurations industrielles », souligne l'avocat général, Marc Rouchayrole. « J'ai été amené à participer à un certain nombre d'opérations, est-ce que j'ai un talent pour cela ? Je ne sais pas. Le décideur, c'est le ministre », rétorque, prudent, François Pérol. Lui le dossier il le connaît par coeur et il sait qu'il ne faut rien laisser au hasard.
 
Car la cour d'appel de Paris devra dire in fine si le haut fonctionnaire s'est, ou non, rendu coupable de prise illégale d'intérêts en prenant en 2009 la tête du groupe bancaire BPCE, dont il avait suivi la création à l'Elysée. Il risque jusqu'à deux ans de prison et 30.000 euros d'amende. L'audience devrait se poursuivre jusqu'au 10 mars.
 

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