lundi 27 février 2017

L'avenir de ces nouveaux acteurs s'écrit avec les banques

Ce n'est pas le cas de Monzo, mais beaucoup de ses concurrents se rapprochent sérieusement des établissements bancaires traditionnels après avoir actionné, à plusieurs reprises, le ressort de levées de fonds. Dès fin 2015, le britannique Atom Bank, qui se revendique « la banque du futur sur mobile » a accueilli la banque BBVA à son capital. Quelques mois auparavant, l'établissement espagnol mettait la main sur la banque de nouvelle génération Simple, née aux Etats-Unis. Depuis, d'autres néobanques ont suivi cet exemple : la fintech allemande Fidor, rachetée par le groupe BPCE (Banque Populaire-Caisse d'Epargne) à l'été 2016, ou encore la fintech Morning qui, après des déboires de trésorerie, est passée dans le giron de la banque Edel pour faire évoluer son modèle économique.
 
Si ces trublions, férus d'indépendance et soucieux de révolutionner les pratiques bancaires des clients, passent dans le giron des établissements traditionnels, c'est parce que bien souvent leurs modèles économiques - qui prônent la gratuité des services de base - ne leur permettent pas de tenir seul dans la durée : « la banque est un métier qui consomme beaucoup de fonds propres, et chercher constamment des capitaux auprès des "business angels" ou des fonds d'investissements dispersait notre capital et consommait beaucoup de notre énergie », a attesté Matthias Kröner, fondateur de la néobanque Fidor, lors du Paris Fintech Forum, en janvier dernier. « Certains fonds de capital-risque ne comprenaient pas et nous rétorquaient que nous avions beaucoup de dépôts de nos clients et que nous n'avions donc pas besoin de capital supplémentaire ! Mais l'activité bancaire est bien spécifique, pour devenir un acteur global, la technologie ne suffit pas », estime l'entrepreneur. Agiles et inventives, les néobanques ne peuvent pas faire l'économie du respect des contraintes réglementaires et c'est ce qui les pousse vers des partenariats industriels.
 

De fait, les banques en ligne en France - qui prônent également la quasi-gratuité de leurs services - peuvent se permettre une forte offensive commerciale grâce au support et au soutien de leur maison mère : Boursorama atteint aujourd'hui le million de clients grâce aux investissements de son actionnaire Société Générale, car ses activités ne sont pas encore rentables.
 
Est-ce à dire que pour percer, les néobanques devront forcément s'adosser à un grand groupe ? Tout dépend de leur capacité à rentabiliser leur activité pour se donner du temps en autofinançant en partie leur activité. C'est le pari que fait le Compte-Nickel. Crée début 2014 et distribué en bureau de tabac, cette banque d'un nouveau genre revendique aujourd'hui 500.000 clients et espère atteindre l'équilibre financier mi-2017.
Sharon Wajsbrot Le 27/02 à 06:00 , Les Echos

Aucun commentaire :

Enregistrer un commentaire