mercredi 22 février 2017

Comment la banque BPCE veut faire sa révolution digitale

Les conseillers bancaires Banque Populaire Caisse d’Epargne devront concentrer conseil sur-mesure.
Les conseillers bancaires des Banque Populaire et Caisse d’Epargne devront se concentrer sur du conseil sur-mesure.
Le groupe Banque Populaire - Caisse d’Epargne veut investir 750 millions d’euros dans le digital d’ici à 2020. Il prévoit de fermer 400 agences bancaires et veut renforcer le poids de ses ventes à distance.
 
Digital acte II. « Après le commerce, les transports ou encore le tourisme, nous partons à dans une longue course à la transformation de notre industrie. Le digital nous permet de simplifier la vie de nos clients et de nos collaborateurs, mais pour faire simple il va falloir changer d'échelle », a prévenu mardi Yves Tyrode, ex-directeur général du numérique de la SNCF , qui a rejoint BPCE en septembre en tant que « chief digital officer ». De fait, pour transformer son modèle de distribution historiquement centré sur l'agence bancaire de proximité et s'adapter à la révolution numérique, le groupe mutualiste qui rassemble les réseaux Caisse d'Epargne et Banque Populaire a décidé d'accélérer le tempo  : d'ici à 2020 il veut investir 750 millions d'euros dans ses projets digitaux, générer 1 milliard d'économies et fermer près de 400 points de vente.
 
Les agences du groupe mutualiste qui sont aujourd'hui au nombre de 8.000 (pour la moitié situées en zone rurale) seront surtout moins centrales dans la commercialisation des produits bancaires. D'ici à 2020, le groupe veut développer les outils qui permettront à ses clients d'acheter seuls des produits bancaires en ligne ou encore d'initier et simplifier des démarches de souscription de crédit en ligne . Toute une révolution dans les réseaux Caisse d'Epargne et Banque Populaire qui génèrent aujourd'hui 98% des ventes de BPCE. « Le digital n'est pas exclusivement un canal de relation client mais il est aussi un canal de transaction », confirme François Pérol, président du directoire du groupe BPCE.
 
En priorité, le groupe veut développer des outils d'ouverture de compte en « quelques minutes », des systèmes capables de donner un accord de principe pour l'octroi d'un crédit immobilier en ligne ou encore des offres de crédit à la consommation en ligne. En 2020, BPCE estime que 80% de ses produits bancaires pourront ainsi être souscrits à distance et que 40% de ses ventes seront faites par ce biais, contre 11% aujourd'hui. Si cette politique devrait permettre de rendre les clients plus autonomes dans la gestion de leurs finances, en revanche elle entraînera la suppression de près de 4.000 emplois dans les réseaux du groupe à l'horizon 2020 (voir ci-dessous).

Moins nombreux et moins mobilisés pour les opérations courantes, les conseillers bancaires des Banque Populaire et Caisse d'Epargne devront se concentrer sur du conseil sur-mesure. Signe de cette évolution : le groupe mutualiste a choisi de distinguer désormais 40 segments de clientèles dans son fonds de commerce contre une douzaine auparavant. Les agences et les conseillers se mettront progressivement au diapason de cette nouvelle stratégie : d'ici à 2020, BPCE veut multiplier les points de vente dédiés à un type de clients (professionnels, entreprises innovantes, agriculteurs, etc.) et augmenter de 50% le nombre de conseillers spécialisés.
 
Pour le groupe bancaire mutualiste, qui revendique la deuxième place sur le marché français derrière le Crédit Agricole et qui tire la majeure partie de ses revenus de la banque de détail en France, le succès de cette nouvelle organisation sera clef pour gagner des points auprès des clients. « En matière de satisfaction clientèle nous ne sommes pas numéro un, nous ne sommes pas numéro deux et nous ne sommes pas non plus numéro trois en France. Nous avons des marges de progression significatives en la matière », a rappelé François Pérol .
 
Sharon Wajsbrot

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